DÉTRUIRE LES SERBES:

UN PROGRAMME DEPUIS 1928

Les évènements liés à l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale ont depuis toujours dans les Balkans attiré l’attention, attisé les polémiques, mais aussi des débats et affrontements sérieux. L’album de bande dessinée paru en septembre 2023 « Српски Бог » (publié en langue serbe, signifiant littéralement le « Dieu serbe » - Note du Traducteur NdT) de l’auteur Milos Dragoïevic (scenario) et Ivitsa Sretenovic (dessins), n’a pas pu échapper aux controverses sur ces sujets. Ainsi, cette œuvre du 9ème art a été accusée d’être une ‘BD tchetnico-révisionniste’ et son scénariste accusé de réécrire l’Histoire officielle


Par Milos Dragoïevic, scénariste de la bande dessinée.


Traduction du serbe et adaptation de l’article publié en octobre 2023 sur le site www.pogledi.rs.


Note importante: les liens vers des pages extérieurs à www.pogledi.fr sont indiqués à titre indicatif, afin que le lecteur francophone puisse disposer d’un minimum d’informations à propos d’un personnage, évènement ou géographie peu connu hors des Balkans, et ne saurait constituer une adhésion au contenu des-dites pages.

« Le Congrès de Dresde »


  • Combattre sans compromission "l’hégémonie grand-serbe". Au cours de cette lutte, collaborer avec les Oustachis croates, le VMRO macédonien et les autres organisations terroristes.

  • Détruire (par la révolution) la création "bourgeoise", "versaillaise" du Royaume de Yougoslavie et créer les États Socialistes de Slovénie, de Croatie, du Monténégro, de Macédoine.

  • Attacher le Kosovo-Métochie à l’Albanie et le nord de la Voïvodine à la Hongrie.

  • Créer de nouvelles nations sur la base des toponymes géographiques des lieux où vivent les Serbes.

  • Dissoudre les Serbes dans ces "nouvelles nations" de telle sorte qu’ils se convertissent graduellement et cessent définitivement de se revendiquer comme Serbes mais plutôt comme : Monténégrins, Bosniaques, Macédoniens, Voïvodiniens…

  • Créer un Église Orthodoxe monténégrine, macédonienne, bosniaque et croate et ainsi réduire l’influence de l’Église Orthodoxe serbe sur les Serbes à l’extérieur de leur matrice.


Si vous avez pensé que ce qui est énuméré ci-dessus est un extrait d’un quelconque plan secret, produit par une encore plus secrète organisation qui œuvre contre le peuple serbe, vous vous trompez lourdement. Il s’agit, croyez-le ou non, de la décision officielle et publique apportée lors du "Quatrième congrès du Parti communiste de Yougoslavie [PCY]" qui s’est tenu à Dresde en Allemagne en 1928 (toute activité communiste ayant été mise hors la loi en 1921 à l’intérieur du Royaume de Yougoslavie ce rassemblement de communistes ne pouvait avoir lieu que hors des frontières yougoslaves – NdT) !


Peut-être que ces décisions et principes qui constitueront à partir de ce moment-là, la feuille de route du fonctionnement du PCY, n’auraient pas été si intéressants. Peut-être qu’ils pourraient même être sans importance, insignifiants, voire même tournés en dérision comme souhaiteraient les présenter ceux orientés à gauche et héritiers de l’idéologie communiste… Peut-être, si dans les décennies qui ont suivies tous sans exception n’avaient pas été réalisés.

Dessin tiré de la BD


Au milieu de l’album de BD « Српски Бог » est décrit un dialogue intéressant entre Draja Mihaïlovic et le capitaine Milos Boguicevic. Dans l’intention de convaincre le capitaine qu’il était parfaitement informé du programme d’action du mouvement communiste, Draja évoque entre autres choses le susmentionné congrès de Dresde de 1928 du PCY. Il commente dans les grandes lignes les décisions qui y ont été adoptées. Draja dit aussi que le peuple serbe aura de gros problèmes si les communistes parviennent au pouvoir après la guerre. Évidemment, il construit son point de vue entre autres sur la base des décisions adoptées au "Congrès de Dresde" où ont effectivement été jetées les bases de la future politique du PCY envers la Serbie et les Serbes.

Planche de la BD


Le destin - ou dit plus précisément la politique des grandes puissances - a voulu que les Tchetniks perdent la guerre civile qui faisait rage sur le territoire occupé du Royaume de Yougoslavie pendant la Seconde Guerre mondiale. Soutenus par les Alliés, les Soviétiques (qui les ont intronisés) et tous les autres facteurs d’influence et même le Vatican, les communistes yougoslaves ont fermement happé le pouvoir. À partir de ce moment, l’une après l’autre des décisions adoptées au Congrès de 1928 ont commencé à être mises en place.


Les frontières, qu’en 1945 l’élite communiste avait tracées conformément à son étalon de valeur antiserbe, ont accordé le statut de République à la Slovénie, à la Croatie, à la Bosnie, à la Macédoine, au Monténégro. À l’exception de cette dernière, laquelle avant la Grande Guerre était une monarchie, les autres mentionnées n’avaient jamais eu même l’ombre de ce qui caractérise un État. Pour situer le niveau d’égard que la monarchie Austro-hongroise dont elles faisaient partie [excepté la Macédoine qui faisait partie du Royaume de Serbie – NdT] leur accordait, le fait que leurs habitants n’y avaient pas même de droit de vote est suffisamment parlant.


Cependant, que ces Républiques nouvellement créées ne s’attarderaient pas longtemps dans la Yougoslavie communiste était devenu évident dès après la Constitution de 1974. Cette Constitution avait accordé aux républiques mentionnées le droit à l’autodétermination, et dit plus clairement de la séparation d’avec la Yougoslavie. Il est devenu évident que les décisions prises au « Congrès de Dresde » sont, lentement mais sûrement, mises en œuvre. Un pas de plus a même été franchi lorsque des parties de la Serbie (ses provinces ‘autonomes’) du Kosovo-Métochie et de Voïvodine se sont vu octroyer un droit de veto sur les décisions prises par la Serbie ! De ce fait, les conditions préalables ont été créées pour leur future séparation d’avec la Serbie même. En même temps, sur les territoires yougoslaves à l’extérieur de la Serbie, constitués depuis des siècles d’habitants qui se revendiquaient serbes, ont été créé des nations qui jusqu’alors n’avaient jamais existé. Ainsi par exemple des habitants du Monténégro, qui dans un recensement de 1909 se revendiquaient à plus de quatre-vingt quinze pour cent comme Serbes, tandis que de nos jours la proportion est autour de trente pour cent !


Tout cela n’a bien entendu pas pu survenir par hasard. Évidement, il s’agit d’une partie d’un plus vaste projet et de long terme.


Ourdi par qui ?


La réponse à cette question sera le plus facilement obtenue si les faits sont observés sur une distance de presque cent ans à partir du moment où le fameux "Quatrième Congrès du Parti communiste de Yougoslavie" s’est tenu. En effet, que les communistes n’avaient pas d’estime particulière pour les Serbes en tant que peuple devient évident dès lors que l’on jette un œil sur quelques un des « premiers travaux » de l’un des deux bâtisseurs de cette idéologie totalitaire qu’est Friedrich Engels. Il est question entre autres d’un texte de ce dernier publié dans la revue marxiste “Neue Rheinische Zeitung” en 1849. Dans cet article, Engels énonce que les Écossais, les Basques et les Serbes sont "le déchet des races" qu’il faut à tout prix "exterminer" parce qu’ils sont incapables ‘révolutionnairement’ !


De cette déclaration, mais aussi de beaucoup d’autres, il est plus qu’évident que les adeptes d’Engels – les communistes, par leur décision à le devenir se sont aussi mis sur le dos, consciemment ou non, le fardeau des haïsseurs de Serbes les plus virulents.


Toutefois, une autre idéologie tout aussi totalitaire qui a connu son essor "vraiment du fait du hasard" dans la même période que le communisme, n’a pas de meilleure position envers les Serbes. Vous avez deviné, il s’agit effectivement du nazisme. Il est notoire que les Nazis avaient exprimé leur opinion envers les Serbes en mettant sous leur patronage les camps de la mort oustachis et en approuvant le génocide de la population serbe sur le territoire de la NDH ‘État Indépendant de Croatie’ pendant la Seconde Guerre mondiale. Est-ce à dire que les Nazis et les Oustachis mettaient en œuvre le plan communiste d’Engels !?!


Cela sonne délirant mais c’est pourtant ainsi.


Il devient qui plus est indéniable qu’il existe un lien entre ces trois mouvements extrémistes. Tout de même, de loin la meilleure preuve que, derrière ce « complot » contre les Serbes ne s’érigent pas seulement les seuls fascisme, nazisme et communiste, est le fait que les principes et décisions adoptés au "Congrès de Dresde" ont continué à être mises en œuvre et réalisées même après la fin du communisme en Yougoslavie, en Russie et dans toute l’Europe à la fin des années 1980.


Comment cela est-il possible ?


La seule explication rationnelle et réaliste est qu’à la chute du Communisme a émergé une idéologie alternative qui représente une sorte "d’héritier" du susnommé communisme. Peut-être qu’il s’agit de la Mondialisation ? Peut-être que c’est une organisation secrète puissante qui régit le destin de la Planète ? C’est peut-être cette même organisation qui aurait créé toutes les trois idéologies évoquées ? Peut-être que ces idéologies n’ont été pour elles, et le sont toujours, qu’une arme entre ses mains grâce à laquelle elle règne sur le Monde, décide du destin des peuples, créé des guerres, s’enrichit… Et peut-être que cette organisation est aussi liée au Vatican ?


Combien tout ceci est réaliste reste à être évalué par nous tous ensemble. Cependant, le fait est que depuis déjà des décennies que le communisme est sorti de scène, les choses ne sont pas du tout allées vers une amélioration pour les Serbes et la Serbie. De plus, il semble qu’elles se développent précisément selon la feuille de route rédigée au "Congrès de Dresde". Le fait est aussi que ces "développements" vont se poursuivre dans les années, les décennies, les siècles à venir. Personne n’en doute déjà plus, car il est limpide pour tout le monde que l’élite dirigeante en Serbie depuis la restauration du parlementarisme n’est qu’un simple pion dans les mains des puissances mondiales.


Après tout ce qui vient d’être énoncé, il ne nous reste rien d’autre qu’à conclure que, même de nos jours, sans le moindre doute, le devant de la scène en Serbie est monopolisé par la réalisation d’un plan très malin, perfide et pluriséculaire. Un plan qui a pour sûr pour objectif de poursuivre le « démembrement » de la Serbie, l’affaiblissement du sentiment d’appartenance national serbe, de la perte de l’identité nationale serbe et in fine la disparition définitive du peuple serbe.

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