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LA VÉRITABLE HISTOIRE DE LA CRÉATION DE LA YOUGOSLAVIE


L’exemple emblématique de l’approche superficielle du sujet est l’analyse de la «Déclaration de Nish» de décembre 1914, par laquelle le gouvernement serbe avait proclamé comme but de guerre la création de la Yougoslavie. En la lisant, les internautes, mais aussi beaucoup d’historiens professionnels, croient que le Gouvernement de la Serbie s’était réellement fixé à ce moment-là comme objectif militaire de créer la Yougoslavie.


Par Miloslav SAMARDJIC



Traduction du serbe et adaptation de l’article publié dans la revue «Liberty» de la «Serbian National Defense»  de Chicago (USA) le 10 juin 2019.


Note importante: les liens dans le texte vers des pages extérieurs à Pogledi sont indiqués à titre informatif, afin que le lecteur francophone puisse disposer d’un minimum d’informations à propos d’un personnage ou évènement peu connu hors des Balkans, et ne saurait constituer une adhésion à l’intégralité du contenu des-dites pages.

Les créateurs de la Yougoslavie en 1919 à Versailles : Lloyd George, Vittorio Emanuele Orlando, Clémenceau et Wilson.

Depuis longtemps sur internet, la «lutte» fait rage pour savoir quel est le pire personnage de l’Histoire serbe moderne: le Roi Alexandre Ier Karageorgévic ou Tito. La 'lutte' a particulièrement gagné en vigueur au moment du centenaire de la création du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, c’est-à-dire de la Yougoslavie. Le principal accusé pour cet évènement à être le plus fréquemment mentionné est justement le Roi Alexandre, mais aussi, ponctuellement, son Premier ministre Nikola Pashic.


Il est difficile de ne pas avoir l’impression qu’à ce propos, les pouvoirs du Roi sont mis sur le même plan que ceux d’un dictateur. D’après ce qui se publie sur internet, on aurait l’impression que le Roi est préjugé avoir les mêmes pouvoirs que Tito dans son système totalitaire communiste, et même celui de prendre des décisions sur des sujets réservés aux conférences entre grandes puissances, comme ceux concernant la création de nouveaux pays.

 

Sur internet, où écriture et lecture sont de plus en plus synonymes d’attention pour seulement quelques lignes, il n’y a pas de place pour des livres comme la collection complète des œuvres de l’académicien Slobodan Yovanovic. Les notes sur la création de la Yougoslavie de l’un des plus grands intellectuels serbes de l’Histoire - qui a d’ailleurs directement participé aux évènements –figurent dans le tome 11 de ses œuvres complètes. Sur ce sujet, il ne mentionne même pas le prince régent Alexandre.

Si nous consultons les travaux d’autres auteurs, on peut éventuellement trouver mention du régent dans le contexte des tentatives des hommes politiques britanniques de le convaincre d’adhérer au concept du ainsi-nommé «yougoslavisme viennois», puisqu’ils avaient échoué avec Nikola Pashic. Mais ils n’auront pas plus de succès avec le régent.


Le superficiel prend aussi le dessus d’une autre manière, et la «Déclaration de Nish» de décembre 1914, qui stipule que le gouvernement serbe proclame comme but de guerre la création de la Yougoslavie, en est un exemple emblématique. En la lisant, les internautes mais aussi beaucoup d’historiens professionnels, croient que le gouvernement de la Serbie s’était réellement fixé comme objectif militaire de créer la Yougoslavie. Mais c’est sans compter sur un phénomène classique chez les historiens: plus les Archives sont proches du domicile, meilleur il est historien. Car il est en mesure de dénicher puis publier plus de documents d’archive.

 

La question de savoir ce que signifie véritablement ce qui est inscrit sur un document était difficile même avant l’apparition d’internet. Même jadis tout le monde ne prêtait pas attention à la différence entre authenticité et exactitude, c’est-à-dire qu’un document peut tout à fait être authentique mais porter - volontairement ou par un concours de circonstances - des indications inexactes.



L’un des meilleurs articles - si ce n’est le meilleur – sur la création du ‘Royaume des Serbes, Croates et Slovènes’, avait été publié par le Dr. Marko Pavlovic dans le magazine ‘Pogledi’ en 1992 sous le titre «Pourquoi Pashic n’a pas réussi à créer la Grande Serbie en 1918?». Pavlovic commence par constater qu’à la veille de la Grande Guerre, pas un seul parti politique du Royaume de Serbie n’avait prévu dans son programme d’union des Serbes, des Croates et des Slovènes, et que la première proclamation du régent Alexandre sur cette question, publiée le 4 août 1914 à Kragouillévatz, mettait en avant l’objectif national serbe.

 

Le tournant formel en direction du yougoslavisme a été opéré en décembre 1914, avec la «Déclaration de Nish du Gouvernement serbe» évoquée plus haut. L’origine de celle-ci saute aux yeux dès le titre: elle a été rédigée à Nish, où le Gouvernement s’était réfugié parce qu’à ce même moment Belgrade était occupé par les Austro-hongrois. De ce fait, tout l’effort du Gouvernement serbe - et du peuple en général - était concentré sur l’expulsion des occupants du pays. Par ailleurs, et plus important encore, un but de long terme était mis en exergue: celui de voir l’Autriche-Hongrie cesser d’exister. Elle était l’ennemi mortel de la Serbie, et si après la guerre elle avait été préservée, avec des frontières sur la Drina, la Save et le Danube, la victoire aurait eu un goût amer. Car, l’Autriche-Hongrie aurait attendu la première autre occasion pour réaliser son objectif déjà publiquement annoncé: celui de rayer la Serbie de la carte du Monde.

 

Ainsi, l’objectif militaire numéro 1 de la «Déclaration de Nish» était de vaincre les Austro-hongrois, et l’objectif numéro 2 de rayer la double-monarchie de la carte. En décembre 1914, en comparaison avec ces deux objectifs, aucun autre but n’avait d’importance. Cependant, l’expérience acquise au cours des guerres passées a montré, que lors des conférences de paix les frontières serbes n’étaient jamais tracées là où le soldat serbe était arrivé à la fin du conflit. Cette expérience imposait d’avoir plus d’exigences lors des négociations de paix, afin que ce qui sera finalement octroyé corresponde à ce qu’on souhaitait réellement.

 

Pour expliquer l’émergence de la Déclaration de Nish, le Dr. Marko Pavlovic parle aussi entre autres de «l’anéantissement de l’Autriche-Hongrie de l’intérieur par la propagande idéologique». Cette tactique était déjà appliquée sur le front depuis trois mois. Les soldats serbes avaient pour ordre de chanter durant chaque assaut sur les lignes austro-hongroises des chants patriotiques croates. On leur répondait par des salves de fusil, mais, dans une certaine mesure le stratagème fonctionnait. En effet, comme l’avait remarqué Yovane Doutchic, les membres des régiments croates étaient les soldats de la double monarchie les plus acharnés contre les Serbes. Dans cette situation, si la Serbie avait affirmé publiquement le programme national serbe comme étant son objectif principal dans le conflit, ces Croates auraient perçu la guerre contre les Serbes comme une guerre pour la sauvegarde de leurs propres frontières orientales. A l’opposé, si ces Croates ‘refroidissaient leur ardeur pour l’Autriche’, la puissance militaire globale de la monarchie danubienne s’en verrait affaiblie.

 

Au début, les grandes puissances ne prêtaient pas attention à la propagande du Gouvernement serbe. La position du ministre des Affaires étrangères britannique, Edward Grey, énoncée en 1915 était: «La victoire des alliés apportera à la Serbie a minima la libération de la Bosnie et de l’Herzégovine, leur union avec la Serbie et un large accès à la mer Adriatique en Dalmatie».

Mais à partir de 1916, l’Occident voit croître l’influence de deux Anglais: Robert Seton‑Watson, un professeur d’université, et Wickham Steed, un journaliste du ‘Times’. Derrière leurs actes, concernant les Serbes, comme l’écrit le professeur Pavlovic, «ne reposaient pas des intentions vraiment propres».

 

En effet, le yougoslavisme, comme jadis le projet illyrien, avaient été imaginés pour l’intérieur de l’Autriche-Hongrie, dans les tentatives d’effacer l’identité serbe à l’ouest de la rivière Drina et au nord de la Save et du Danube. Avec le temps, l’idée a émergé de transformer la double monarchie en une triple monarchie: Austro-magyaro-yougoslave. Cette Yougoslavie serait composée de tous les territoires des Slaves du sud situés à l’ouest de la Serbie et du Monténégro, et dont le centre aurait été Zagreb. À la fin, les députés du parlement austro-hongrois, en majorité ses membres croates, se fédèrent dans un Club yougoslave, et proposent au Gouvernement de Vienne la mise en place de ce projet, par la ainsi-nommée ‘Déclaration de Mai’ de 1917.

 

L’idée de Seton‑Watson et de Wickham Steed était dans le principe la même. Ils soutenaient l’unification de la Serbie et du Monténégro avec la ainsi-nommée ‘Yougoslavie viennoise’, demandant que pour son représentant légitime soit immédiatement reconnue l’association de la diaspora nommée le ‘Comité yougoslave’, dans laquelle le maître-mot était détenu par les Croates.

 

En résumé, il existait à Vienne un ‘Club yougoslave’, et sur le territoire des alliés de l’Entente - un ‘Comité yougoslave’. Le Gouvernement serbe, naturellement, n’avait aucun lien avec le premier, tandis qu’il repoussait les pressions des Anglais pour admettre le second comme son égal. On peut remarquer les points de vue de Seton-Watson dans un de ses mémorandums au Gouvernement britannique. Il y écrit que «avec le temps le catholicisme occidental assoira sa domination» dans l’État yougoslave, c’est-à-dire que «les Croates et les Slovènes, plus civilisés, prendront bientôt la prépondérance dans la vie politique et intellectuelle du nouvel État, devant leurs cousins de la même tribu – les Serbes, plus galants mais plus primitifs». Seton-Watson avait suggéré au Gouvernement britannique d’adopter l’idée, alors que l’Autriche-Hongrie venait de devenir un vassal allemand, et qu’une telle Yougoslavie pourrait aussi bien servir de rempart contre la marche allemande vers le sud-est de l’Europe, que d’être hors d’atteinte de l’influence russe.

 

L’année de guerre 1917, un évènement clé s’est joué pour la Serbie: la Russie, à cause de la Révolution bolchévique exécutée par des agents de l’Allemagne, s’est retirée du conflit. La position de la Russie était, jusque là, que la Serbie devait après la guerre être augmentée de territoires à l’ouest, tout en subissant certaines pertes à l’est (probablement une partie de la vieille Serbie à l’est du Vardar et une partie du Banat historique), comme concessions afin de conserver de bonnes relations avec la Bulgarie et la Roumanie. La création d’une ‘Yougoslavie catholique’ comme la surnommaient les Russes, leur était inenvisageable.

 

Le retrait de la Russie du conflit a drastiquement aggravé les choses. Les Allemands ont transféré d’énormes divisions de l’est sur le front de l’ouest et les puissances de l’Entente en conséquence subirent défaite sur défaite. Sous l’influence de ces évènements, et aussi en constatant que Vienne renforçait son projet de triple monarchie, le Gouvernement serbe produit la Déclaration de Corfou en mai 1917. Elle est signée conjointement avec le ‘Comité yougoslave’ - ce qui donne à ce dernier une certaine reconnaissance - et elle proclamait la création de la Yougoslavie.

 

La Déclaration de Corfou, comme celle de Nish, n’est pas ce qu’elle contient, mais ce qui se cache en arrière-plan: une tentative de mettre le ‘Comité yougoslave’ sous contrôle. À ce propos, quand Nikola Pashic rencontre Wickham Steed en octobre 1918, une vive altercation les opposera. Au refus de Pashic de considérer le ‘Comité yougoslave’ comme le représentant des ‘Yougoslaves austro-hongrois’, Wickham Steed lui demande pour quelle raison la Déclaration de Corfou avait alors été signée? Pashic lui a répondu que la Déclaration avait été publiée «uniquement pour marquer les opinions publiques européennes», ajoutant: «La Serbie a le droit de libérer ses gens (les Serbes d’Autriche-Hongrie), et si les Croates et les Slovènes souhaitent appartenir quelque part ailleurs, cela ne dépendra que de leur propre volonté de faire comme ils veulent». Wickham Steed s’y était opposé, affirmant que le Gouvernement serbe s’était mal conduit dans la Macédoine libérée (après la guerre balkanique de 1913 – NdT), et que «ces mêmes méthodes» se répèteraient aussi envers les «Yougoslaves d’Autriche-Hongrie».

 

La situation sur le front s’est tellement détériorée en 1917 que les Britanniques ont envoyé le général Jan Smuts en Suisse pour négocier avec les Austro-hongrois une paix séparée. Smuts était allé jusqu’à proposer aux Austro-hongrois que la Serbie intègre leur Empire, tout en conservant son Roi, d’une façon similaire au Roi de Bavière en Allemagne. Dans cette combinaison, la Serbie aurait été augmentée de la Bosnie, de l’Herzégovine e de la Dalmatie. Si le Gouvernement serbe décidait de refuser cette solution, alors la Serbie serait maintenue dans ses frontières d’avant la guerre.

 

Au début de 1918, les chefs des États occidentaux produisent deux offres officielles à l’Autriche-Hongrie pour une paix séparée. D’abord, le Premier ministre de Grande Bretagne, Lloyd George, annonce qu’il faudrait préserver l’Autriche-Hongrie, mais de telle sorte que les Yougoslaves obtiennent une autonomie, puis le Président américain Wilson fera une déclaration semblable.

 

Les puissances occidentales ont tranché sur ce sujet le 25 juillet 1918. À compter de ce jour-là, ils vont œuvrer pour la destruction de l’Autriche-Hongrie, et, dans le même temps, Wickham Steed et Seton-Watson deviennent les représentants officiels du Gouvernement britannique chargés du processus de création de la Yougoslavie. Ces derniers soutenaient continuellement le Président du ‘Comité yougoslave’ – le Croate Anté Trumbic – mais aussi l’idée générale de procéder à l’unification avec Zagreb au centre, de telle sorte que tous les territoires hors de la Serbie et du Monténégro d’avant-guerre, seraient mis sous pouvoir croate. Le Gouvernement serbe l’a rejeté, et les représentants britanniques se sont alors tournés vers le prince régent Alexandre de Serbie, qui les a aussi repoussés. Alors, Seton-Watson publie le 22 août 1918 dans le magazine «The New Europe» un article réquisitoire contre Pashic, sous le titre «Le choix de la Serbie», dans lequel il le qualifie de dirigeant «aux coutumes à moitié turques, qui gouverne illégalement et de ce fait porte atteinte à l’unification yougoslave». Il y demandait que les puissances de l’Entente reconnaissent le ‘Comité yougoslave’ comme institution égale au Gouvernement serbe, tout en qualifiant de traître tout homme politique serbe qui rejette ses recommandations.

 

Le Dr. Marko Pavlovic écrit que l’article de Seton-Watson, de même que l’altercation ultérieure qui mettra aux prises Wickham Steed avec Pashic, auront des conséquences très profondes non seulement pour Pashic, mais aussi pour l’État serbe et son peuple en totalité. Depuis lors, le Gouvernement britannique adopte les points de vue de Wickham Steed et Seton-Watson comme étant les siens, donnant la priorité «aux Slaves en Croatie, lesquels sont relativement plus avancés» que les Serbes. Qui plus est, les Britanniques donneront avantage à un autre peuple qui faisait la guerre dans le camp opposé – les Bulgares, les considérants prédestinés à devenir la nation la plus forte dans les Balkans et que donc leurs aspirations en Macédoine étaient justifiées.

 

Apprenant la capitulation de l’Autriche-Hongrie, le 2 novembre 1918, Nikola Pashic donne l’ordre au Voïvode Jivoïne Michic, en tant que chef d’état-major du Commandement suprême de l’Armée serbe de prendre possession des territoires de l’Autriche-Hongrie uniquement habités par des Serbes.

 

Le même jour, le régent Alexandre de Serbie autorise Pashic à former un Gouvernement de coalition.

 

Quatre jours plus tôt, le Parlement croate avait publié une proclamation instituant qu’il détient le pouvoir sur tous les territoires austro-hongrois hors de la Serbie et du Monténégro, demandant la reconnaissance internationale de son 'Conseil populaire'.

 

Personne n’a apporté sa reconnaissance à ce 'Conseil populaire' - à l’exception de Nikola Pashic, le 9 novembre 1918 à Genève. Le Dr. Pavlovic explique l’une des plus grandes erreurs de Pashic non pas par les pressions des Anglais, mais par une lettre décevante qu’il venait tout juste de recevoir du Président français Poincaré, au moment où il ne comptait plus que sur les Français. Tout de même, Pashic présentera sa démission dans les jours suivants et dissoudra le Gouvernement, rendant ainsi caduque sa signature de Genève.

 

Alors que certaines régions, voire même certaines villes, de l’ancienne Autriche-Hongrie, proclamaient leur unification avec le Royaume de Serbie, le 'Conseil populaire' proclame à Zagreb le 24 novembre 1918 l’unification de «l’État des Slovènes, des Croates et des Serbes» - c’est-à-dire tous les anciens territoires de l’Autriche-Hongrie – «avec le Royaume de Serbie et le Monténégro». Une délégation du 'Conseil populaire' se rend à Belgrade et le régent Alexandre accepte le 1er décembre la proclamation de l’unification. Mais, au lieu de l’unification avec «l’État des Slovènes, des Croates et des Serbes» qui était naturellement fictive, le régent avait mis l’accent sur l’unification «avec les terres…» C’était tout ce qu’il était en mesure de faire dans cette situation si confuse.

 

Slobodan Yovanovic conclura:

«La création de la Grand Serbie cependant ne dépendait pas tant de Pashic que des Grandes puissances alliées. La Russie était pour la Grande Serbie, mais à cause de la Révolution bolchevique, elle n’a pas participé aux négociations pour la paix à Versailles. La France penchait pour la Serbie, mais elle n’était pas en mesure de s’opposer à l’Angleterre, laquelle précisément pour empêcher l’émergence de la Grand Serbie, veillait à la création de la Yougoslavie (…) Le vieil adversaire de la Russie dans les Balkans de l’est – l’Angleterre - saisissait la moindre occasion pour briser la force de la Serbie, qu’elle considérait comme irrévocablement attachée à la Russie».

 

Comme personnalités principales à avoir poussé à la création de la Yougoslavie, le Dr. Marko Pavlovic énonce Wickham Steed et Seton-Watson, citant à ce propos une autre déclaration de Slobodan Yovanovic: «Steed ne s’était jamais rendu en Serbie auparavant et Watson était depuis longtemps un Serbophobe».


 

Depuis lors, ont aussi émergé les travaux d’une autre historienne  - le Dr. Mila Mihajlovic, de Rome en Italie.

Celle-ci conclut aussi que le facteur principal pour la création de la Yougoslavie est l’activisme de la Grande-Bretagne, avec le soutien des États-Unis d’Amérique, mais elle ajoute que leur cible principale était en réalité l’Italie. Car, si avait été respecté le Pacte de Londres, grâce auquel l’Italie a décidé d’entrer en guerre aux côtés de l’Entente, payant un lourd tribut humain, la mer Adriatique serait devenue «un lac italien». L’Italie serait devenue une grande puissance maritime, et comme telle, une concurrente sérieuse à la Grande Bretagne et à l’Amérique sur toutes les mers du globe. À Versailles, les Italiens ne pouvaient rien faire d’autre que de se retirer de la Conférence de la paix en signe de protestation. Par conséquence, le mouvement fasciste a émergé et donc les ferments pour l’éruption de la Seconde Guerre mondiale.

 

Dans ce contexte imposé, les hommes politiques serbes ont fait, dans les années qui ont suivi, du mieux qu’il était possible de faire, et ce en procédant à la délimitation des territoires serbes, en créant des entités administratives – les banovines – dont six sur les neuf étaient peuplées et administrées à majorité par des Serbes. Il s’agissait des banovines de Vrbas, de Drina, de Zeta, du Danube, de la Morava et du Vardar.

L’étendue de ces banovines serbes sera divisée par deux après la Seconde Guerre mondiale par le régime totalitaire communiste qui proclamera la République de Serbie. Même cette moitié restante sera divisée par les communistes, qui en extrairont les 'province autonomes' de Kosovo-Métochie et de Voïvodine.   


Carte des banovines du Royaume de Yougoslavie

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